3 questions à...

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Jean-Pierre Balduyck, maire honoraire de Tourcoing

AC : Un an après les élections, quel est votre regard sur le paysage politique tourquennois ?


JPB : Je n’apprécie pas la réalité politique issue des Municipales. Monsieur le Ministre Darmanin axe sa campagne sur son choix de redevenir Maire parce que notre ville a un urgent besoin de son énergie permanente. Mais à peine élu il retourne à Paris.
Il installe la première femme Maire de Tourcoing et il informe la presse qu’elle démissionnera quand il le décidera. Bien entendu il garde un œil sur tout.
Je n’apprécie pas cette conception du Maire « intérimaire »
Les trois conseillers municipaux « Ambition Commune » préparent pour les Conseils des propositions constructives. Ils s’expriment avec une conviction Républicaine. Leur exemple devrait inspirer la majorité trop souvent agressive dans les débats et évasive dans ses réponses.
Je partage l’objectif qu’ils poursuivent de concertation avec les habitants, considérés comme des citoyens responsables. Cette volonté est une excellent nouvelle pour la démocratie Tourquennoise.

AC : Ambition Commune est un collectif de citoyens : en quoi peut-il apporter quelque-chose de nouveau pour l’avenir de Tourcoing ?


JPB :  La situation démocratique de la France m’inquiète. Les associations peinent à mobiliser, les syndicats ne sont pas assez écoutés. De leur faute en grande partie, les partis politiques deviennent impopulaires.
Tourcoing expérimente une réponse pertinente. Des femmes et des hommes aiment leur ville, réfléchissent, proposent et agissent pour un avenir positif. Chaque quartier sera associé, les citoyens invités.
Il n’y a pas de concurrence néfaste avec les partis politiques. Les rôles sont complémentaires. Le développement peut être commun dans l’indépendance de chacun. La bonne entente s’organise car l’enjeu est primordial pour l’avenir.

AC : Quelles seraient les trois grandes problématiques qui constituent des enjeux forts pour l’avenir de notre ville et de ses habitants ?


JPB : En premier lieu la jeunesse. Tourcoing est l’une des villes les plus jeunes de France.
Dans chacun de nos quartiers des jeunes maîtrisent leur avenir, franchissent les obstacles du chômage, du racisme.
Regardons avec quels appuis : l’école, les centres sociaux, le sport, la culture. Mieux vaut conforter les outils actuels sans chercher l’utopie du neuf.
Pour les premières étapes de la vie, c’est l’Ecole qui construit la République.

Ensuite, le refus d’une ville dortoir. Voici plusieurs années que des nouveaux logements se construisent. Préservons nos espaces verts parfois utilisés à tort.
La population augmente et nous devons mieux faire l’accueil des nouveaux tourquennois. Nous pouvons faire connaître nos associations, la vie culturelle, sportive, aller à leur rencontre.
Les ruches d’entreprises et nos belles anciennes usines peuvent aussi accueillir des emplois accessibles en zone urbaine pour limiter les déplacements.

Enfin lutter contre la malédiction des Tourquennois complexés. J’ai toujours connu les Tourquennois incapables de faire la promotion de la ville qu’ils aiment.
La Plaine Image, le Centre des Textiles Innovants, nos équipements culturels, la vie sportive seraient moins anonymes ailleurs. La fierté n’est pas une faute !
Les anciens du textile doivent avoir un lieu qui leur démontre la qualité de leur travail et l’ampleur de leur humanisme.