Nous espérons !

Il y a 2 semaines, nous publiions, en colère, une tribune en réaction à la mort de 27 migrants dans la Manche : "nous accusons".

Aujourd'hui, à l'occasion de la journée des migrants, nous voulons transformer notre colère en espoirs.

Nous espérons...

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Les phénomènes migratoires ne sont pas nouveaux.

A différentes périodes de notre histoire récente, la France a accueilli des Italiens, des Portugais, des Espagnols, des Polonais pour nos mines de charbon, des ressortissants du Maghreb quand il a fallu reconstruire le pays après la 2° guerre mondiale, des Vietnamiens (souvenons-nous des boat-people), aujourd’hui des ressortissants du Moyen-Orient fuyant les dictateurs et autres talibans et de pays d’Afrique fuyant la famine.

Dans l’histoire, chaque vague a suscité le rejet par certains puis a été tolérée, enfin intégrée.

Contrairement à ce que prétendent quelques démagogues en mal de publicité et quelques médias en mal d’audience, sur le terrain l’accueil et l’intégration fonctionnent car la plupart des Français y sont ouverts et beaucoup s’y emploient activement.

Nous espérons que nos concitoyens reconnaîtront la part qu'ont pris et que prennent encore ces migrants au développement de notre pays en nous apportant leur force de travail et à son enrichissement culturel.

Nous espérons que nos concitoyens reconnaîtront que migrer n'est le plus souvent pas un choix, mais une nécessité vitale. Sauf à considérer que les valeurs d'entraide et d'assistance aux personnes en danger ne font plus partie de notre culture, nous affirmons que le mot fraternité, inscrit au fronton de nos mairies, a une valeur universelle qu’il faut défendre.

Nous espérons que nos concitoyens reconnaîtront que l'immense majorité des migrants vient dans une optique pacifique et désire s'intégrer. Que parmi eux quelques-uns acceptent difficilement nos modes de vie ne saurait constituer un motif de rejet de tous.

Nous espérons que nos concitoyens reconnaîtront que ceux qui rejettent en bloc les migrants sont ceux qui les fréquentent le moins. L'inversion frappante entre la carte du vote pour l'extrême droite et celle de l'implantation des migrants illustre parfaitement ce phénomène.

Nous espérons que l’École et les lieux de formation et d’animation continueront leur mission d’accueil et d’éducation des enfants et des jeunes réfugiés, comme ils le font contre vent et marées.

Nous espérons que l’État, par son administration, cessera de faire ce qu’il peut pour empêcher les demandeurs d’asile de trouver chez nous la sécurité et un avenir à laquelle ils aspirent.

En cette Journée Internationale des Migrants du 18 décembre, nous refusons de céder au climat de rejet pour défendre la valeur supérieure de solidarité envers tout humain en détresse.